Les plus pauvres sont l’artère par laquelle il faut que le sang coule pour irriguer tout le corps. Si l’artère est obstruée, le corps tout entier meurt. Pour l’Eglise, c’est une question de vie ou de mort. Si la grâce passe par eux, tout est irrigué

Père Joseph Wrésinski — Parole de sages

Le sappel

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No 85
journal du sappel / octobre 2012 HEUREUX, VOUS LES PAUVRES DE COEUR ! Télécharger le journal au format PDF

A LOURDES, AVEC LES JEUNES

    Joïlta TRESCA     

              Durant ce pèlerinage notre rôle  d'animateurs était surtout de  donner aux jeunes le désir de la rencontre avec le Seigneur... Peut-être  ont-ils des attentes, peut-être pas ; mais ce qui est sûr c'est que Dieu, lui, veut les rencontrer ! Tout le défi  était donc de les rendre partie-prenante, qu'ils se mettent en route !

 

               Monique qui est déjà venue à Lourdes il y a quelques années se souvient et assume ses attentes, elle est là pour retrouver le « ressenti » de la présence de Dieu.  Ce dernier ne s'est pas fait prier davantage... Et en fin de séjour, elle nous partage qu'elle veut recommencer à aller à la messe et à prier : « Ces derniers temps j'avais lâché, je m'en foutais... je vais essayer de recommencer ». Elle a pris cette décision un matin  quand nous sommes allés à la grotte pour l'Eucharistie. Après, elle nous a dit: « J'ai fermé les yeux et j'ai prié ! Je ne m'y attendais pas ! » Sa prière allait à Bernadette : « Je lui ai demandé de m'aider à persévérer, comme elle ». De marcher lui est difficile, en fin de semaine elle nous dit: « Si ça n'avait pas été un pèlerinage  où on marche tout le temps, j'aurais pété un câble ! » Le soir venu, à la fin de la procession aux flambeaux, elle s'approche des autres ados, toute réjouie : « Je suis heureuse, j'ai la paix : la paix de Jésus ! »  Sa voisine rigole : « Oh ! mais t'es à fond toi ! » Monique lui répond par un sourire et lève alors son flambeau en chantant « Ave, ave, ave Mariaaaaaaa ! »  Comme ils sont bons ces instants de liberté des Enfants de Dieu !

 

La procession aux flambeaux

               Cette procession a marqué les cœurs ! Alors que nous marchons, Théo s'approche de moi pour me dire: « On est comme des fils de scoubidou , tous différents pour se rassembler en un seul scoubidou... » du Saint Paul version moderne!!! Il y revient plusieurs fois  dans les jours qui suivent et me répète : «A ce moment- là, on était comme rassemblés en une seule communauté... On était en communion alors qu'on ne se connaissait pas».  C'est sans doute l'expérience la plus forte qu'il ait faite à Lourdes, celle d'une fraternité universelle. Ce pèlerinage a été très fort pour lui aussi.  Chaque jour, il a choisi d'écrire son journal de bord : « Je le recopierai et je le mettrai dans mon cahier de catéchuménat. Pour moi, Lourdes, c'est une étape vers mon baptême ». Dans son « bilan » du pèlerinage, il dira : « J'ai changé, ma foi a changé. J'ai l'impression que ma foi a augmenté, je me sens plus près de Dieu ». Dans la « valise » symbolique qu'il rapporte de Lourdes, il « nomme » Jésus  ce qui est  vraiment nouveau ! Il a ainsi découvert quelle est cette source vers laquelle Marie nous invite à nous tourner...

 

Le rocher où la source a jailli

               Après nous l'avoir réclamé chaque jour, le moment tant attendu arrive ! Celui où nous allons à la grotte, toucher ce rocher où par Marie, Dieu vient nous rejoindre, et voir le lieu où la source a jailli de la boue. Les ados entrent alors dans un recueillement qui me touche et m'entraîne... En silence, nous traversons la foule pour aller jusqu'aux fontaines. Là, ils ont d'abord pris le temps de boire à grosses gorgées, avec dans le cœur les besoins que nous avions formulés ensemble avant de venir : l'eau fait de nous des vivants, elle  nous purifie, nous adoucit comme les galets, nous dynamise, nous donne la force...  Ensuite nous nous sommes bénis les uns les autres en posant nos mains mouillées sur la tête et le visage des uns et des autres. C'était très simple, mais alors qu'autour de nous la vie tourbillonnait, les ados respectaient un silence qui m'a saisie! Quand l'une d'entre-eux, un peu rebelle pourtant, a fermé les yeux avec beaucoup de sérieux pour que je pose mes mains sur son visage , j'ai vécu à nouveau cette station du Chemin de Croix vécue ensemble le matin même, à l'instant où Véronique essuie le visage du Christ. Puis quand elle a posé ses mains sur mes yeux, l'eau qui coulait sur mes joues a emporté mes larmes du matin. Cela m'a fait l'effet du fleuve d'eau vive qui assainit la Mer Morte... Oui encore une fois, il est certain que mon intimité avec le Seigneur dépend de celle que je vis avec les plus pauvres, ils vivent avec lui une communion à laquelle ils nous ouvrent...

                                       

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